Le monde ne confie rien d’important à ceux qui s’excusent d’exister
Sans que nous en ayons conscience, notre esprit met en place des stratégies de survie destinées à nous protéger. Mais ces stratégies finissent par se retourner contre nous lorsque nous ne sommes pas réellement en danger.
Certaines sont particulièrement pernicieuses, car elles prennent la forme de comportements socialement et moralement acceptables, voire valorisés par la société — la gentillesse, par exemple.
Quand nous changeons pour ne pas déplaire à quelqu’un, quand nous évitons une conversation difficile pour ne pas froisser l’autre, quand nous utilisons de « petits mensonges » pour éviter une tension, quand nous n’osons pas demander quelque chose qui nous tient à cœur, ou imposer des choix que nous savons nécessaires… c’est par gentillesse, nous disons-nous. Mais en réalité, nous confondons bonté et évitement.
La bonté vient de la force. L’évitement vient de la peur. Lorsque nous fuyons une conversation difficile, ce n’est pas de la gentillesse — mais de la peur. Et si nous osions la regarder en face, nous nous apercevrions que ce n’est pas de faire mal aux autres qui nous fait peur, mais de perdre notre place dans leur regard.
Cette nuance est capitale. Ce n’est ni par empathie, ni par générosité que nous agissons ainsi, mais manipulés par notre égo qui cherche à nous protéger et à préserver notre image — peur de perdre du statut, peur d’être exclu, peur de ne plus être aimé.
Cette semaine sur le blog
De la lecture et du travail pour ceux qui prennent leur trajectoire au sérieux :
J’ai ajouté Le Manuel d’Épictète aux ressources du blog. Texte fondateur du stoïcisme, c’est un guide bref et exigeant pour apprendre à distinguer ce qui dépend de vous, discipliner votre esprit et rester libre dans un monde instable.
J’ai publié Le monde ne confie rien d’important à ceux qui s’excusent d’exister (dont le texte précédent est un extrait). La capacité à dire la vérité malgré l’inconfort fonde l’estime de soi et restaure la cohérence personnelle. Cet article contient un exercice structurant — Cartographie de l’excuse invisible — destiné à identifier les renoncements discrets qui sabotent votre autorité intérieure.
J’ai également publié un article consacré aux expériences de pensée. Une expérience de pensée est un outil de clarté radicale qui révèle ce que vous êtes réellement prêt à sacrifier — ou non — avant qu’une décision irréversible ne définisse votre trajectoire.
Enfin, ce n’est pas directement lié au blog, mais je mêne des expériences autour du « Vibe Coding » avec Claude Code. Le Vide Coding, c’est quoi ? Créer des applications dont le code est entièrement ou en partie généré par une intelligence artificielle. Je vous en reparlerai prochainement…
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Un extrait d’interview : James Clear, à propos de la nature infinie de l’excellence
L’une des choses difficiles avec ce qui compte vraiment dans la vie, c’est que ce sont des combats sans fin. Si aujourd’hui vous faites du bon travail en vous concentrant et en hiérarchisant correctement, si vous choisissez la bonne chose sur laquelle vous focaliser, cela ne vous rapporte aucun point bonus pour demain.
Demain, il faudra recommencer, et si vous passez tout votre temps sur les réseaux sociaux, ou à vous disperser, ou à faire autre chose que ce que vous devriez, cette journée sera perdue. Beaucoup de choses fonctionnent ainsi. Ce n’est pas parce que vous vous êtes entraîné il y a deux semaines que vous n’avez pas besoin de le faire aujourd’hui. Ce n’est pas non plus parce que vous avez été un bon conjoint hier que cela vous donne un crédit pour aujourd’hui. Il faut encore être présent.
J’essaie donc d’accepter le caractère infini de ces choses-là.
Très souvent, nous cherchons à résister à cette dimension sans fin. « J’aimerais que ce ne soit pas ainsi. » Nous essayons de nous convaincre qu’il existe une ligne d’arrivée. « Si je fais simplement cette cure de 21 jours, alors je serai quelqu’un de sain et je n’aurai plus jamais à y penser. Si je lui achète quelque chose de sympa pour notre anniversaire, je pourrai arrêter de m’en préoccuper et je n’aurai plus besoin de faire le reste. »
Non. Ça ne fonctionne pas ainsi — c’est sans fin.
Dès l’instant où vous acceptez cette nature infinie, votre regard change. Vous vous dites : « D’accord, il ne s’agit pas d’atteindre une ligne d’arrivée particulière ; il s’agit de vivre une vie quotidienne soutenable, qui me plaît, dans laquelle je suis pleinement engagé. Il s’agit donc d’aimer mes journées. »
— James Clear, auteur du livre Un rien peut tout changer (Atomic Habits) interviewé pour The Knowledge Project Podcast
Question à méditer
Les problèmes sont inévitables et sont là pour être résolus. Souvent, il suffit de prendre du recul pour comprendre comment y arriver. Alors :
Quel problème vous empêche d’avancer ou de vous lancer ?
Puis, une fois le problème identifié :
Quel pourrait être la première étape pour avancer vers sa résolution ou le contourner ?
Pensez à vous retourner
« Pensez régulièrement à prendre du recul ; à sortir la tête de vos chiffres quotidiens ; à contempler le travail que vous avez accompli sur le long terme. […] Prenez le temps de contempler ce que vous avez réussi à accomplir ces dernières semaines, ces derniers mois ou ces dernières années. C’est une puissante source de motivation, vous verrez. »
Extrait du livre : L’énergie de la réussite


Merci pour ces enseignements Nicolas 🙏🏻